Une affiche représentant le défunt ayatollah Ali Khamenei et son fils l'actuel guide suprême iranien Mojtaba Khamenei est exposée alors que des fidèles chiites se rassemblent pour une procession funèbre, dans la banlieue sud de Beyrouth, le 26 juin 2026 ( AFP / ibrahim AMRO )
L'Iran a accusé samedi les Etats-Unis d'une "violation flagrante" du protocole d'accord conclu pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, après des frappes américaines sur son territoire ayant entraîné une réplique de Téhéran.
Ces échanges de tirs font planer de nouvelles incertitudes sur le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique, alors que les deux parties négocient un accord final plus large.
Les frappes américaines de vendredi, les premières connues depuis la signature du protocole d'accord le 17 juin, faisaient suite à "l'attaque de la veille contre un navire commercial qui transitait par le détroit", selon l'armée américaine. Elles ont "ciblé des lieux de stockage de missiles et de drones et des sites radar côtiers en Iran".
Téhéran a dénoncé "une violation flagrante" du protocole d'accord, tandis que les Gardiens de la Révolution ont annoncé samedi avoir attaqué des positions américaines dans la région du Golfe.
"Si l'agression se répète, notre réponse sera plus large", ont-ils averti.
La télévision iranienne a fait état vendredi soir d'une explosion sur un quai de Sirik (sud) et de tirs d'avertissement contre des "navires en infraction" dans le détroit. Selon l'agence Mehr, le port n'a subi "aucun dommage".
Le vice-président américain JD Vance a affirmé sur X que l'Iran avait "signé un accord de cessez-le-feu. Nous l'avons respecté. S'ils ont des désaccords sur la mise en œuvre du protocole d'accord, ils peuvent décrocher leur téléphone. Mais la violence n'engendrera que la violence".
Le président Donald Trump a, lui, qualifié l'attaque du cargo de "violation stupide" du cessez-le-feu, alors que les deux belligérants sont entrés dans une phase de soixante jours de négociations pour parvenir à un accord final.
Pour H.A. Hellyer, du Royal United Services Institute de Londres, "l'Iran devrait poursuivre des actions coercitives calibrées et de faible intensité dans et autour du détroit d'Ormuz (...) afin de maintenir une pression constante sur le transport maritime international sans déclencher un conflit plus large".
"Sabotage des efforts de paix"
Le trafic maritime s'est néanmoins poursuivi dans le détroit, rouvert par l'Iran après le protocole d'accord.
Plusieurs bateaux ont emprunté une route non approuvée par Téhéran, même si l'autorité maritime iranienne avait averti que "tout passage en dehors du cadre défini ne bénéficierait pas des garanties de passage sécurisé".
Des bateaux cargo au large du port de Khor Fakkan dans l'émirat de Sharjab, le long du golfe d'Oman, le 19 juin 2026 aux Emirats arabes unis ( AFP / - )
Vendredi, 29 navires commerciaux ont franchi le détroit, selon les données du site de suivi Kpler en fin d'après-midi. Dix-sept ont suivi une route longeant les côtes d'Oman. Après un pic de 57 navires mercredi, 42 étaient passés jeudi.
Suspendu après l'attaque du cargo, le processus d'évacuation des quelque 600 navires, avec 11.000 marins à bord bloqués dans le Golfe depuis le début de la guerre, sera relancé dès l'obtention de "confirmations supplémentaires" sur les garanties de sécurité, a expliqué l'Organisation maritime internationale (OMI).
Carte montrant la nouvelle route maritime pour entrer et sortir du Golfe via le détroit d'Ormuz, "sûre" selon les autorités iraniennes, qui ont exigé vendredi 19 juin que tous les navires souhaitant franchir le détroit soumettent "48 heures à l'avance" une demande de transit ( AFP / Valentina BRESCHI )
Depuis son lancement mardi, quelque 2.500 marins et 115 navires ont été évacués, selon l'OMI.
Un pétrolier a par ailleurs été touché par un projectile non identifié dans le détroit, a annoncé samedi l'agence maritime britannique UKMTO.
"Le navire a subi des dommages au niveau de la passerelle. L'équipage est sain et sauf", a-t-elle précisé.
Dans le Golfe, Bahreïn a annoncé samedi avoir été visé par plusieurs drones iraniens, accusant Téhéran de "sabotage des efforts de paix".
Sur l'autre front du conflit, Washington a publié vendredi le texte d'un accord-cadre conclu sous son égide entre Israël et le Liban, avec l'objectif affiché de "paix et sécurité durables" entre les deux pays, techniquement en état de guerre depuis des décennies.
"Premier pas" au Liban
Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio (au centre à l'arrière) regarde (de gauche à droite au premier rang) l'ambassadeur israélien aux Etats-Unis Yechiel Leiter, le chef du cabinet du département d'Etat américain Daniel Holler, et l'ambassadrice libanaise aux Etats-Unis Nada Hamadeh signer un accord-cadre sur le conflit au Liban à Washington le 26 juin 2026 ( AFP / SAUL LOEB )
Dans une vidéo diffusée juste après l'annonce, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a semblé dévoiler les succès obtenus côté israélien, à commencer par le maintien de son armée dans le sud du Liban "tant que le Hezbollah ne sera pas désarmé", malgré la mise en place de deux "zones pilotes" rendues au contrôle de l'armée libanaise.
Il a également averti que la population civile déplacée ne pourrait pas revenir.
L'accord est "un premier pas" vers la restauration de la souveraineté entière du Liban sans "occupation", "subordination" ni "tutelle", a réagi le président Joseph Aoun.
Mais l'armée israélienne a annoncé samedi une frappe contre des combattants présumés à Nabatiyé (sud), première de ce type depuis l'accord-cadre.
Tant l'ambassade libanaise à Washington que le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio ont évoqué la question du désarmement du Hezbollah.
Hassan Fadlallah, député du mouvement pro-iranien opposé aux négociations directes, a qualifié l'accord de "tentative de perturber" celui du 17 juin, qui inclut le Liban sur l'insistance de l'Iran, qui ne veut pas dissocier les deux dossiers.
Le Liban a été entraîné dans le conflit début mars quand le Hezbollah a ciblé Israël en soutien à son parrain iranien, après l'offensive américano-israélienne sur Téhéran le 28 février.

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